Titre: La bote merveille

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Titre: La bote merveille

  Mehdi alami 24, 2006 6:25 am

Fiche de lecture
Titre: La bote merveille
Genre: Roman
Auteur: Ahmed Sefrioui
Date de parution:1954
Edition: Librairie des Ecoles.
Lauteur
Ahmed Sefrioui, crivain marocain, est n en 1915 Fs . Cest lun des premiers fondateurs de la littrature marocaine dexpression franaise. Passionn de patrimoine, il a occup des postes administratifs aux Arts et Mtiers de Fs, puis la direction du tourisme Rabat. Il sera lorigine de la cration de nombreux muses comme Batha, Oudaya et Bab Rouah. Il est mort en mars 2004.
Ses uvres
Le Chapelet dambre (Le Seuil, 1949) : son premier roman o il voque Fs (il obtient le grand prix littraire du Maroc, pour la premire fois attribu un Marocain).La bote merveille (Le Seuil, 1954) : La ville de Fs vue travers le regard du petit Mohammed. Ce roman ethnographique apparat comme le texte inaugural de ce qui est aujourd'hui la littrature marocaine d'expression franaise. La Maison de servitude (SNED, Algrie, 1973). Le jardin des sortilges ou le parfum des lgendes (LHarmattan, 1989)
L'histoire
La Bote Merveille
La symphonie des trois saisons...
Premier roman de Sefrioui, La bote merveille, une suite de scnes et de tableaux, raconte la vie quotidienne dune famille populaire dans la vieille ville de Fs. Ds son ouverture, le roman ne manque pas dinstaller une ambiance exotique. Un regard pittoresque sur un monde plein de tendresse, de couleurs et de parfums, qui ne manque pas dambigut sur le sens du rcit.
Cest bel et bien un album, pour reprendre lexpression du narrateur, dont le lecteur tournera les pages. Un album haut en couleurs qui nous fera parcourir trois saisons et nous mnera de dcouverte en dcouverte, explorer la socit marocaine du dbut du XXme sicle : mode de vie, traditions, rituels et vision du monde. Davoir masqu la ralit politique de lpoque, laisse entrevoir un parfum dexotisme et fait penser un film documentaire dethnographe.

Mehdi alami



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Lhiver
Chapitre I
Dar Chouafa
Deux lments dclenchent le rcit : la nuit et la solitude. Le poids de la solitude. Le narrateur y songe et part la recherche de ses origines : lenfance.Un enfant de six ans, qui se distingue des autres enfants quil ctoie. Il est fragile, solitaire, rveur, fascin par les mondes invisibles. A travers les souvenirs de ladulte et le regard de lenfant, le lecteur dcouvre la maison habite par ses parents et ses nombreux locataires. La visite commence par le rez-de-chausse habit par une voyante. La maison porte son nom : Dar Chouafa. On fait connaissance avec ses clientes, on assiste un rituel de musique Gnawa, et on passe au premier o Rahma, sa fille Zineb et son mari Aouad, fabricant de charrues disposaient dune seule pice. Le deuxime tage est partag avec Fatma Bziouya. Lenfant lui habite un univers de fable et de mystre, nourri par les rcits de Abdellah lpicier et les discours de son pre sur lau-del. Lenfant de six ans accompagne sa mre au bain maure. Il sennuie au milieu des femmes, Cet espace de vapeur, de rumeurs, et dagitation tait pour lui bel et bien lEnfer. Le chapitre se termine sur une sur une querelle spectaculaire dont les acteurs sont la maman de lenfant et sa voisine Rahma.
Chapitre II
Visite dun sanctuaire
Au Msid, cole coranique, lenfant dcouvre lhostilit du monde et la fragilit de son petit corps. Le regard du Fqih et les coups de sa baguette de cognassier taient source de cauchemars et de souffrance. A son retour, il trouve sa mre souffrante. La visite que Lalla Aicha, une ancienne voisine, rend ce mardi Lalla Zoubida, la mre de lenfant, nous permet de les accompagner au sanctuaire de Sidi Boughaleb. Lenfant pourra boire de leau de sanctuaire et retrouvera sa gaiet et sa force. Lenfant dcouvre lunivers du mausole et ses rituels. Oraisons, prires et invocations peuplaient la Zaouia. Le lendemain, le train train quotidien reprenait. Le pre tait le premier se lever. Il partait tt son travail et ne revenait que tard le soir. Les courses du mnage taient assures par son commis Driss. La famille depuis un temps ne connaissait plus les difficults des autres mnages et jouissait dun certain confort que les autres jalousaient.
Chapitre III
Le repas des mendiants aveugles
Zineb, la fille de Rahma est perdue. Une occasion pour lalla Zoubida de se rconcilier avec sa voisine. Tout le voisinage partage le chagrin de Rahma. On finit par retrouver la fillette et cest une occasion fter. On organise un grand repas auquel on convie une confrrie de mendiants aveugles. Toutes les voisines participent la tche. Dar Chouafa ne retrouve sa quitude et son rythme que le soir.
Le printemps
Chapitre IV
Les ennuis de Lalla Aicha

Les premiers jours du printemps sont l. Le narrateur et sa maman rendent visite Lalla Aicha. Ils passent toute la journe chez cette ancienne voisine. Une journe de potins pour les deux femmes et de jeux avec les enfants du voisinage pour le narrateur. Le soir, Lalla Zoubida fait part son mari des ennuis du mari da Lalla Acha, Moulay Larbi avec son ouvrier et associ Abdelkader. Ce dernier avait reni ses dettes et mme plus avait prtendu avoir vers la moiti du capital de laffaire. Les juges staient prononcs en faveur de Abdelkader. Lenfant, lui tait ailleurs, dans son propre univers, quand ce nest pas sa bote et ses objets magiques, cest le lgendaire Abdellah lpicier et ses histoires. Personnage quil connat travers les rcits rapports par son pre. Rcits qui excitrent son imagination et lobsdrent durant toute son enfance. Lire la suite

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Compte rendu de lecture par Daif Abdelaziz.



Chapitre V
Lcole coranique.
Journe au Msid. Le Fqih parle aux enfants de la Achoura. Ils ont quinze jours pour prparer la fte du nouvel an. Ils ont cong pour le reste de la journe. Lalla Acha , en femme dvoue, se dpouille de ses bijoux et de son mobilier pour venir au secours de son mari. Sidi Mohamed Ben Tahar, le coiffeur, un voisin est mort. On le pleure et on assiste ses obsques. Ses funrailles marquent la vie du voisinage et compte parmi les vnements ayant marqu la vie d de lenfant.
Chapitre VI
Prparatifs de la fte.
Les prparatifs de la fte vont bon train au Msid. Les enfants constituent des quipes. Les murs sont blanchis la chaux et le sol frott grande eau. Lenfant accompagne sa mre la Kissaria. La fte approchait et il fallait songer ses habits pour loccasion. Il portera un gilet, une chemise et des babouches neuves. De retour la maison, Rahma insiste pour voir les achats fait la Kissaria.Le narrateur est fascin par son rcit des msaventures de Si Othman, un voisin g, poux de Lalla Khadija, plus jeune que lui.
Chapitre VII
La fte de lAchoura.
La fte est pour bientt. Encore deux jours. Les femmes de la maison ont toutes achet des tambourins de toutes formes. Lenfant lui a droit une trompette. Lessai des instruments couvre lespace dun bourdonnement sourd. Au Msid, ce sont les dernires touches avant l e grand jour. Les enfants finissent de prparer les lustres. Le lendemain , lenfant accompagne son pre en ville. Ils font le tour des marchands de jouets et ne manqueront pas de passer chez le coiffeur. Chose peu apprcie par lenfant. Il est l assister une saigne et sennuyer des rcits du barbier. La rue aprs est plus belle, plus enchante. Ce soir l, la maison baigne dans latmosphre des derniers prparatifs.
Le jour de la fte, on se rveille tt, Trois heures du matin. Lenfant est habill et accompagne son pre au Msid clbrer ce jour exceptionnel. Rcitation du coran, chants de cantiques et invocations avant daller rejoindre ses parents qui lattendaient pour le petit djeuner. Son pre lemmne en ville.
A la fin du repas de midi, Lalla Aicha est l. Les deux femmes passent le reste de la journe papoter et le soir, quand Lalla Aicha repart chez elle, lenfant lass de son tambour et de sa trompette est content de retrouver ses vieux vtements.
Lt.
Chapitre VIII
Les bijoux du malheur.
Lambiance de la fte est loin maintenant et la vie retrouve sa monotonie et sa grisaille. Les premiers jours de chaleur sont l. Lcole coranique quitte la salle du Msid, trop troite et trop chaude pour sinstaller dans un sanctuaire proche. Lenfant se porte bien et sa mmoire fait des miracles. Son matre est satisfait de ses progrs et son pre est gonfl dorgueil. Lalla Zoubida aura enfin les bracelets quelle dsirait tant. Mais la visite au souk aux bijoux se termine dans un drame. La mre qui rvait tant de ses bracelets que son mari lui offre, ne songe plus qua sen dbarrasser. Ils sont de mauvais augure et causeraient la ruine de la famille. Les ennuis de Lalla Aicha ne sont pas encore finis. Son mari vient de labandonner. Il a pris une seconde pouse, la fille de Si Abderahmen, le coiffeur.
Si lenfant se consacre avec assiduit ses leons, il rve toujours autant. Il sabandonne dans son univers lui, il est homme, prince ou roi, il fait des dcouvertes et il en veut mort aux adultes de ne pas le comprendre. Sa sant fragile lui joue des tours. Alors que Lalla Acha racontait ses malheurs, il eut de violents maux de tte et fut secou par la fivre. Sa mre en fut bouleverse. Lire la suite

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Chapitre IX
Un mnage en difficult.
Ltat de sant de lenfant empire. Lalla Zoubida soccupe de lui nuit et jour. Dautres ennuis lattendent. Les affaires de son mari vont trs mal. Il quitte sa petite famille pour un mois. Il part aux moissons et compte conomiser de quoi relancer son atelier. Lattente, la souffrance et la maladie sont au menu de tous les jours et marquent le quotidien de la maison. Lalla Zoubida et Lalla Aicha, deux amies frappes par le malheur, dcident de consulter un voyant, Sidi Al Arafi.
Chapitre X
Superstitions.
Les conseils , prires et bndictions de Sidi Al Arafi rassurrent les deux femmes. Lenfant est fascin par le voyant aveugle. Lalla Zoubida garde lenfant la maison. Ainsi, elle se sent moins seule et sa prsence lui fait oublier ses malheurs. Chaque semaine, ils vont prier sous la coupole dun saint. Les prdications de Sidi A Arafi se ralisent. Un messager venant de la compagne apporte provisions, argent et bonne nouvelles de Sidi Abdesalam. Lalla Aicha invite Lalla Zoubida. Elle lui rserve une surprise. Il semble que son mari reprend le chemin de la maison.
ChapitreXI
Papotage de bonnes femmes.
Th et papotage de bonnes femmes au menu chez Lalla Aicha. Salama, la marieuse, est l. Elle demande pardon aux deux amies pour le mal quelle leur a fait. Elle avait arrang le mariage de Moulay Larbi. Elle explique que ce dernier voulait avoir des enfants. Elle apporte de bonnes nouvelles. Plus rien ne va entre Moulay Larbi et sa jeune pouse et le divorce est pour bientt. Zhor, une voisine, vient prendre part la conversation. Elle rapporte une scne de mnage. Le flot des potins et des mdisances nen fint pas et lenfant lui , qui ne comprenait pas le sens de tous les mots est entran par la seule musique des syllabes.
Chapitre XII
Un conte de fe a toujours une chute heureuse.
La grande nouvelle est rapporte par Zineb. Malem Abdslem est de retour. Toute la maison est agite. Des you you clatent sur la terrasse Les voisines font des vux. Lenfant et sa mre sont heureux . Driss, est arriv temps annoncer que le divorce entre Moulay Larbi et la fille du coiffeur a t prononc. La conversation de Driss El Aouad et de Moulay Abdeslem, ponctue de verres de th crase lenfant. Il est pris de fatigue mais ne veut point dormir. Il se sent triste et seul. Il tire sa Boite Merveille de dessous son lit, les figures de ses rves ly attendaient. Fin.

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LES DECLENCHEURS DU RECIT
L'quilibre initial concide dans la Bote merveilles avec une prise de conscience d'une carence, d'un manque (moi, je ne dors pas. Je songe ma solitude et jen sens tout le poids) et se transforme en rupture.
La nuit et le poids de la solitude dclenchent le rcit. Le narrateur (ladulte) se penche sur son pass la recherche de rponses possibles (Ma solitude ne date pas dhier.P3.) ou de rconfort (pour gayer ma solitude, pour me prouver que je ne suis pas mort.P6.).
Lenqute se construira sur la mmoire fabuleuse hrite de lenfant de six ans. (Cire frache...les moindres vnements sy gravaient en images ineffaablescet albumP6.)
Les outils de lenquteur sont donc les images dun album. Portraits et paysages se succderont au fur et mesure quil en tournera les pages. Labondance de limparfait est justifie par la dominance du descriptif. La nostalgie orne le rcit de couleurs, de parfums et de tendresse, la perception de lenfant lentrane dans le monde du merveilleux et de la magie.

LESPACE
Fonction
Il permet un itinraire. Le dplacement de lenfant s'associe la rencontre de "l'aventure". Et la qute de la connaissance. On peut rduire l'itinraire dans le cas de Sefrioui un schma simple, deux types de base dominent. (Laller - retour.Linitiation et la conqute.). Lenfant revient toujours son point de dpart, la maison, plus exactement la pice occupe par la famille. L'espace offre un spectacle, plus quil ne sert de dcor l'action, cette dernire ntant pas privilgie. Il est soumis au regard du personnage. Ienfant se dresse en spectateur. La relation entre le lieu et son tat d'me est forte. Une correspondance symbolique s'tablit entre lenfant et les lieux dcrits.
Organisation :
On peut facilement constater des oppositions symboliques et fondamentales, souvent binaires.( clos / ouvert sombre / clairespace rel /rv). Ceci permet une mise en place de lambiance du secret, de ltrange, et du mystre imprgnant le rcit ds son ouverture de lambiance des contes merveilleux.
Reprsentation
La narration prend en charge les lments descriptifs concernant le cadre de laction. Lenfant explore progressivement ce cadre : la ruelle, le msid , La rue Jiaf et le bain maure. La description est dynamique.
La ruelle (p3) Il court jusquau bout de la ruelle pour voir passer les nes et revient sasseoir sur le pas de la maison
La maison(P3 ) au rez de chausse.Au premier.Le deuxime tage.

LE TEMPS
Comme dans les contes de fe, le temps est vague, imprcis, flou. Premier repre, lge du personnage principal : six ans.
Lenfant - narrateur a une conception du temps motive par lattente, celle de son pre chaque soir et celle de grandir. Lcoulement du temps est saisi dans une logique arithmtique. Matin et soir font une journe, les jours font des mois, les mois des saisons et les saisons lanne.
Une journe ordinaire est marque par le rveil, le msid, les jeux, les conversations des voisines, et le retour du pre, tard le soir. Les jours de la semaine retracent plus des activits habituelles (Lundi, jour de lessive, mardi, journe particulirement redoute au msid.). Un vnement exceptionnel comme un retour prcipit du pre la maison ou la visite dun tranger constituera un repre. Ainsi, lAchoura, fte qui va bouleverser le train train quotidien de lenfant, les diffrentes visites de Lalla Aicha, le dpart du pre vont permettre de construire une suite justifiant un droulement chronologique. Les indicateurs de temps renforceront cette chronologie par le marquage des saisons (Lhiver / 3 chapitres, le printemps / 4 chapitres et lt / 5chapitres). On peut alors aisment estimer la dure du rcit trois saisons et avancer que le narrateur enfant approche de ses sept ans la fin du roman.

LES PERSONNAGES
Le lecteur dcouvre tt les personnages qui vont laccompagner le long du rcit Ils sont livrs dans un ordre li notre dcouverte des mondes de lenfants. Ceux qui ont particip nourrir son monde fabuleux, la voisine du rez de chausse, Kenza, une voyante, par ses pratiques magiques et rituels, Abdellah , lpicier par ses contes et son pre avec ses discours sur le paradis et lenfer. Ceux qui font partie de son quotidien, les voisins du premier Si Aouad fabricant de charrues, sa femme Rahma et leur fille Zineb ; la voisine du deuxime tage, Fatima Bzioua. Les autres enfants de son ge au msid, son matre dcole et Lalla Acha, pour sa premire visite la maison.
Lesquisse des portraits est un peu particulire. Rarement des descriptions physiques. Un nombre limit doutils pour la description dont le nom, le sexe, lge, le mtier, les vtements, le statut social, la relation familiale, les paroles.

LES EVENEMENTS
Le genre policier commence par un fait accompli. Il y a un meurtre et lenquteur est charg de trouver lassassin. Le roman de Sfrioui saligne quelque peu sur ce genre. La solitude et la mlancolie sont ce fait accompli et le narrateur doit revenir en arrire en chercher les origines. Ses tmoins et ses pices convictions sont les images de cet album quest la mmoire de lenfant.
Ma mmoire tait une cire frache et les vnements sy gravaient en images ineffaables. I me reste cet album P 6
Premires images, un enfant seul cherchant vainement attraper un moineau, lcart des enfants de son ge et tranger leurs jeux. Un enfant troubl par les rituels de la voyante, dmons et sorcires hantent son imagination. Un enfant fascin par les contes de Abdellah, lpicier et les discours de son pre sur la mort, le paradis et lenfer. La sance du bain maure laisse entrevoir cette relation entre le prsent et le pass.
Je crois navoir jamais mis les pieds dans un bain maure depuis mon enfance. Une vague apprhension et un sentiment de malaise mont toujours empch den franchir la porte. P9.

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Les temps du rcit, dans lincipit de la Boite Merveilles.


Une ouverture au prsent
Le prsent de lindicatif a des valeurs diffrentes selon son emploi. Deux valeurs sont retenir dans notre cas.
Le prsent de lnonciation : il correspond au moment o lon parle.
Je songe / Je ne dors pas / Ma solitude ne date pas dhier Ma solitude ( aujourdhui, en ce moment)
Je vois P3 5 (maintenant que je parle) / Il me reste cet album pour gayer ma solitude P6 je crois navoir jamais mis les pieds dans un bain maure depuis mon enfance / A bien rflchir, je naime pas les bains maures P11.
Ce prsent annonce un nonc ancr dans la situation d'nonciation. Il rvle la prsence dun narrateur adulte et du moment dcriture (moment de la parole, de lnonciation). Il lui permet aussi de faire des commentaires. Ce temps est courant dans des genres littraires comme lautobiographie.
Le prsent de narration : il semploie pour rapporter des actions passes en les rendant plus vivantes , plus actuelles, donne une impression de direct.
Ainsi Sefrioui a recours ce prsent pour rendre cette scne qui appartient au pass et la montrer avec un effet prcis.
Au prsent: Je vois Ennonc ancr dans la situation, prsent de nonciation Au pass, lenfance Un petit garon de six ans dresser un pige pour attraper un moineau Il (lenfant) dsire tant ce moineau /Il ne le martyrisera pas / Il veut en faire son compagnon Il court / Il revient sasseoir sur le pas de la porte / Le soir , il rentre le cur gros P3
Le MARDI, jour nfaste pour les lves du Msid me laisse dans la bouche un got damertume. Tous les mardis sont pour moi couleur de cendre. Il faisait froid..
Limparfait pour enchaner
Le premier chapitre de la Bote Merveille est domin par limparfait. Ce temps permettra au narrateur de peindre les lieux rels de son enfance, la ruelle, limpasse , la maison, la salle du msid, les personnages qui lont marqu et le monde fabuleux dans lequel il trouvait refuge.
Deux valeurs souligner
Limparfait associ au pass simple, le premier pour dcrire le cadre, le second pour dire la succession des vnements.
Portrait + cadre de laction
Lcole tait la porte de Derb Noualla. Le fqih, un grand maigre barbe noire, dont les yeux lanaient constamment des flammes de colre, habitait la rue Jiaf. Je connaissais cette rue. Je savais quau fond dun boyau noir et humide, souvrait une porte basse do schappait toute la journe, un brouhaha continu de voix de femmes et de pleurs denfants.
Cadre + actions

Ds notre arrive nous grimpmes sur une vaste estrade couverte de nattes. Aprs avoir pay soixante-quinze centimes la caissire nous commenmes notre dshabillage dans un tumulte de voix aigus.je retirai mes vtements et restai tout bte, les mains sur le ventre.
Dans les salles chaudes, latmosphre de vapeur, les personnages de cauchemar qui sy agitaient, la temprature, finirent par manantir. Je massis dans un coin, tremblant de fivre et de peur. Je me demandais ce que pouvaient bien faire toutes ces femmes qui tournoyaient partout, courraient dans tous les sens, tranant de grands sceaux de bois dbordants deau bouillante qui mclaboussait au passage. P9/10
Limparfait pour un nonc ancr dans la situation dnonciation Il faudrait relier ce temps au prsent dnonciation. Les deux se confondent.
A six ans, javais dj conscience de lhostilit du monde et de ma fragilit. Je connaissais la peur, je connaissais la souffrance de la chair au contact de la baguette de cognassier. P20

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La Bote Merveilles.Un roman dobjets. Par Daif Abdelaziz.



Une bote sous le lit.
La Bote Merveilles est une bote ordinaire contenant des objets ordinaires. Des objets htroclites, en matire transparente, en mtal, en nacre. Un bouton de porcelaine, des boules de verres, des anneaux de cuivres, un minuscule cadenas sans clef, des clous tte dore, des encriers vides, des boutons dcors, des boutons sans dcor (p12), des pingles (p55) un cabochon en verre taill en diamant offert par Rahma (p38), une chanette de cuivre ronge de vert-de-gris offerte par sa mre, (p96).
Pour les autres, ce sont des vieilleries, le bijou fabuleux et barbare aux yeux de lenfant est pour la mre un bout de verre qui peut causer une blessure (p39)
La mtamorphose et ses secrets.
La transformation est de deux ordres. Le savoir faire et limagination. Ainsi, une opration de nettoyage transforme le mtal vil en mtal noble. je savais transformer le cuivre, cette vile matire, en or pur . Limagination se charge du reste, lobjet devient fabuleux, charg de vertus, porteur dune histoire merveilleuse (p38). Ainsi, Les plus humbles de mes boutons et de mes clous, par une opration de magie dont javais seul le secret, se murent en joyaux. p96.
Les objets du plaisir et du mystre.
Lenfant dcouvre le plaisir des sens trs tt grce ses objets. Lobjet est regard, contempl et caress. Il a une me et une vertu de talisman. Il est source de jouissance, Il met les sens en extase p13, et avait un got quil ne pouvait goter de la langue et le pouvoir denivrer, p13. Limpuissance en jouir pleinement est un moment difficile pour lui. Je sentais toute mon impuissance en jouir pleinement. Je pleurais . Ce moment est penible quand le sommeil empche la contemplation, mes yeux, hlas ! navaient plus la force de regarder ; sinon encore plus cruel quand les objets perdent leur pouvoir magique et deviennent des objets ordinaires, cette constatation fut cruelle. Jclatais en sanglots..
Lenfant, friand de contes dcouvre aussi que ses objets racontent des histoires. un bijou fabuleux provenant nen pas douter de quelque palaissouterrain o demeurent les puissances de lInvisible. (p39). Chaque objet parle son langage (p13), cest un ami (p13 ; 249), peut tre un message, un talisman o une pierre maudite.
Les heures de chagrin
Les objets qui fascinent lenfant et lenchantent ont une autre fonction. Ils lui permettent de conjurer tristesse et solitude. La nuit, la maison tomba dans le silence, je me sentis triste. Je sortis ma, Boite,..(p54).
La Bote Merveilles lui permet de svader dun monde de contraintes et de malheur, le monde rel, celui des adultes. Ce motif revient chaque fois quil est question de la Bote Merveilles : Pour chapper au bruit des tambours qui bourdonnait encore sous mon crne, jouvris ma Boite Merveilles, (p150). Moi, javais des trsors cachs dans ma Boite Merveilles. Jtais seul les connatre. Je pouvais mvader de ce monde de contraintes... (P71).
Lenfant fait appel dans ses moments de dtresse ses objets prts me porter secours (p12). Grce sa bote, il se sentira moins seul, moins triste. Cest dans de pareilles circonstances que lenfant la retire de dessous son lit : Je me sentis triste et seul. Je ne voulais pas dormir, je ne voulais pas pleurer. Moi aussi, javais des amis. Ils sauraient partager ma joie. Je tirai de dessous le lit ma Boite Merveilles je louvris religieusement.(p249).
Fin

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